Vallée de la Tuauru
Samedi dernier, randonnée programmée sur la presqu'île...
Au vue des conditions météorologiques, le guide (qui a eu le nez creux??) décide de changer de parcours, direction la vallée de Tuauru.
Quelques-uns décident de rentrer chez eux à cause du temps et 21 résistent fièrement (dont moi, pauvre naïve...)
Le début se déroule dans une ambiance pluvieuse certes mais bon enfant (avec même quelques éclaircies) et le groupe continue tranquillement dans la vallée. Nous passons un gué, deux gués, trois gués et sans s'en rendre compte, nous en passerons tout de même plus d'une dizaine et ce toujours sous cette fine pluie. (enfin nous semble t'il parce qu'une fois mouillé, on ne se rend plus compte...)
Bref, tout ça pour dire que lorsque nous sommes arrivés près des orgues basaltiques, ce pour quoi, nous avions fait "tout spécialement" le déplacement,(sous la pluie s'il vous plait) il était déjà trop tard.
L'eau était "chocolat" comme disent les experts, ce qui signifie, "sauve qui peut"...
En un quart d'heure, l'eau était montée et il était impossible de (re)passer les gués, le courant était devenu trop fort. C'était impressionnant pour ne pas dire carrément flippant de découvrir de magnifiques énormes cascades qui n'étaient pas là quelques minutes auparavant...
Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est C.., on est C.., n'est ce pas??
Il était environ 13H00 lorsque nous nous sommes arrêtés dans la forêt près d'un gué où le courant était vraiment devenu trop fort en espérant que la pluie se calme. Pour occuper l'esprit, on a même construit une cabane (dans l'optique d'y passer la nuit?)...
La pluie s'est calmée et le niveau de l'eau est descendue très rapidement (en 2 heures, plus de 60 cms) mais le courant était encore là. Les gars ont quand même décidé qu'on pouvait passer et ils nous ont fait une chaîne humaine dans l'eau contre le courant et les filles et les deux enfants, (ouais parce qu'il y avait deux gosses, 6 et 10 ans, "re" le temps ne fait rien à l'affaire) on passait en se tenant à la corde. Après 4 gués et quelques frayeurs, nous sommes arrivés à une cabane de chasseur, il était déjà 18H00 et la nuit allait tomber.
La nuit à la belle étoile se précisait mais elle allait être "plus confortable" que dans notre pauvre cabane en feuilles. Je n'ose même pas imaginer la nuit que nous aurions passé...Le réseau de portable passait "enfin" et j'ai pu prévenir JP que j'allais faire un "super bivouac" en montagne.
On était tous complètement trempés et contents de pouvoir faire un feu dans notre cabane "trois étoiles".
On a passé la nuit près du feu sans rien manger ou presque sur une bâche plastique et j'avoue même avoir plutôt pas trop mal dormi (enfin après que Nadine m'ait filé un paréo sec parce que ça caillait pas mal).
Il a plu toute la nuit (des trombes) et il y a même eu de l'orage. C'était l'horreur et je voyait mal comment nous allions repartir le lendemain.
Le jour s'est levé à 5H30 et nous sommes repartis vers 10H00. Le niveau de l'eau avait (re) baissé et il ne pleuvait plus ou presque, il était tôt alors on a tenté.
Avant de repartir nous avons mangé le meilleur riz de toute ma vie, un kilo pour 21 personnes, même pas faim.
On a encore passé (grâce aux hommes) 6 gués et puis le destin (surement) a voulu qu'un costaud du groupe tombe dans le courant et les gars l'ont relevé et ramené avec la corde (nous étions à dix minutes de l'arrivée en temps normal et il restait seulement deux gués à passer) La personne qui avait le "seul" portable qui captait quelque chose a également eu un appel des gendarmes qui nous donnaient l'ordre d'arréter immédiatement d'avancer et de les attendre. (ouais quand on avait fait tout le boulot, non je déconne)
L'un des gars qui était avec nous était passé de l'autre côté, il avait réussi et il est allé au devant de secours.
On a attendu longtemps, très longtemps mais ce qu'on ne savait pas c'est qu'il y avait eu 4 gamins morts à FAAA, emportés dans des bouches d'égoût sans grilles de protection et que les gendarmes étaient repartis pour eux. Quel triste sort...
On a traversé les deux derniers gués avec l'aide des gendarmes spécialistes de hautes montagnes et des pompiers locaux, grâce à une espèce de tyrolienne.
Les deux télés locales et la dépêche (journal local) nous attendaient ainsi que pleins de tahitiens, curieux de voir les gros cons de poopas qui s'étaient aventurés dans cette vallée par un temps pareil...
La femme (mère) et la fille (soeur) de deux de nos "compagnons" de route nous attendaient avec le réconfort nécessaire (café, gâteaux et surtout pas de jugements) et je suis rentrée chez moi vers 15H00.
J'ai pris une douche bien chaude pendant que je racontais mon périple à JP et le soir pour fêter ça, on a mangé des crèpes. A 19H30, j'étais au lit...

Dans les commentaires qui suivent l'article de la dépêche, on en prend déjà suffisament pour notre grade alors c'est pas la peine d'en rajouter...
Et puis, c'est là qu'on voit combien l'effet de groupe et une confiance aveugle en son guide peut faire faire des grosses conneries.
JP et Gabriel se faisait une petite roulotte avec Stephan pendant que je passais du bon temps dans la vallée... mais eux contrairement à moi était sous la pluie, hi hi hi...
No panic, j'ai compris la leçon...